21 Novembre 2011
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« Samedi dernier (le 12 novembre), nous avions décidé de profiter d’une amélioration de la météo pour s’entraîner en canot à rame. On a quitté Loctudy sur le Flirt de mon père en sa compagnie et celle de mon frère. Pendant deux heures on a remorqué face au vent le canot de Renaud Mesnil puis on l’a largué. Tout en restant à ses côtés pour assurer la sécurité. Il y avait encore de la mer et nous redescendions vent arrière. Lors d’un empannage, je me tenais sous le vent et j’ai tendu mon bras gauche pour retenir l’écoute de grand-voile. Sous le choc mon bras est parti brutalement sur l’arrière ».
Trois jours après l’opération qui a eu lieu lundi, Didier se souvient que l’intervention a duré deux heures et demi. L’humérus a été cassé en trois endroits. Pendant au moins un mois son bras va rester immobilisé le temps que s’effectue la calcification. Après pourra commencer la rééducation. « Quand j’ai dit au chirurgien que le départ de la Transat à l’aviron était dans deux mois et demi, il m’a dit que c’était hors de question. J’ai insisté, on a parlé… Et on s’est donné rendez-vous dans un mois pour une radio. Si la soudure des os est convenable, je pourrai envisager faire la course ».
Si le verdict de la radio est négatif, il faudra à Didier trouver un remplaçant car il tient à ce que son bateau fasse la traversée. Ce pourrait être son frère Jean-Luc qui a couru en 2009 et s’est classé cinquième. A l’époque Didier le routait. Il avait côtoyé d’autres concurrents. C’est ce qui lui a donné le virus. Le problème est que Jean-Luc a récemment acheté une maison et qu’il commence tout juste des travaux d’aménagement. Un autre rameur alors, mais lequel ? « On trouvera s’il faut ».
Patron d’un bateau à passagers au Guilvinec, Didier se veut rassurant. Surtout, il croit en sa bonne étoile. Cet accident l’empêche de s’entraîner en haute mer comme il le souhaitait. Pas de faire de l’exercice et de la cardio. « Bouvet Guyane est une course d’endurance, un marathon, pas un sprint et je peux travailler en salle avec un bras dans le plâtre ». Didier a une autre bonne raison d’être optimiste. C’est un sportif qui vit au grand air toute l’année et affiche à 50 ans une forme de jeune homme. Et si dans un mois, le chirurgien estime que la soudure est effective, il a les moyens physiques d’accélérer sa rééducation pour rallier Dakar dans les temps avec des biceps plein les bras et un moral d’acier.
Didier a trop donné à son projet pour ne pas être du voyage. On croise les doigts pour lui et ses 25 copains d’aventure aussi.

















